Comment choisir une robe bohème éco-responsable pour l’automne ?

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L’un de mes looks préférés au début de l’automne est la robe bohème (ou midi) associée à un perfecto en cuir noir. C’est une tenue que j’adore pour son côté à la fois rock et décontractée. Mais aussi parce qu’elle permet d’avoir de l’allure en faisant peu d’efforts ! En plus la période est idéale pour porter ce genre de look, la robe bohème ou vaporeuse s’adapte facilement aux températures encore variables et inégales pour la saison (à savoir froid le matin et chaud l’après-midi) et la veste en cuir peut enfin révéler tout son potentiel sans être cachée sous un gros manteau d’hiver. De plus, la robe maxi fait toujours son petit effet : à chaque fois que j’en porte une, mon plus jeune fils, Basile, me fait plein de compliments. Son grand frère préfère me voir en jean, comme quoi, les goûts et les couleurs peuvent déjà être affirmés dès le plus jeune âge ! J’avoue que si je reste une inconditionnelle des pantalons, les robes longues vaporeuses restent mes favorites en toutes saisons, en particulier les imprimés léopard ou à fleurs qui font partie des intemporels du dressing.

Comment choisir sa robe bohème éco-responsable ?

Vous êtes nombreuses à me demander où trouver une jolie robe bohème, et si possible, éco-responsable. Et c’est justement là que ça se corse : la plupart des robes de ce style sont presque toujours fabriquées en viscose ou en polyester, deux matières qui permettent d’obtenir ce côté fluide et vaporeux qu’on aime tant, mais qui sont aussi extrêmement polluantes !

DISCLAIMER !! La viscose n’est pas une matière naturelle !! La viscose est souvent présentée comme une matière naturelle, en particulier par les marques peu scrupuleuses adeptes du greenwashing. Il est vrai que la viscose est une fibre issue d’un matériau naturel, à savoir la pulpe de bois. Mais le procédé pour transformer la cellulose de bois en fibre est quant à lui artificiel (c’est à dire créé par l’homme) et nécessite l’usage de produits chimiques toxiques et inflammables, comme le disulfure de carbone (un liquide jaunâtre qui sent très mauvais). Ce procédé a l’inconvénient d’être volatile et de dégager une pollution aérienne importante. De plus, beaucoup de pays qui fabriquent la viscose aujourd’hui, notamment en Asie, déversent les eaux usées non traitées dans les lacs et les rivières autour des usines. Ceci cause évidemment de gros dégâts sur l’environnement mais aussi sur la population qui vit aux abords de ces usines. On sait aujourd’hui qu’il y a un lien direct entre la pollution des eaux et le nombre croissant de cancers ou de malformations observées chez les nouveaux-nés. Bref, rien de très réjouissant. A vous dégoûter d’acheter de la viscose jusqu’à la fin de vos jours !

Par quoi remplacer la viscose ?

Il existe désormais une viscose éco-responsable : la viscose Lenzing™ Ecovero™ que je vous avais présentée dans cet article. La viscose qui possède le label autrichien Lenzing™ Ecovero™ est fabriquée à partir de pulpe de bois issue de forêts gérées durablement et protégées. Son procédé de transformation du bois en fibres répond à des normes strictes imposées le EU Eco Label, un label très exigeant qui récompense uniquement les produits ou services qui ont un faible impact sur l’environnement. Enfin, sa fabrication nécessite deux fois moins d’eau qu’une viscose conventionnelle et ses émissions CO2 sont réduites par deux également ! Malheureusement cette viscose est encore assez rare, alors soyez vigilantes, vérifiez bien la composition, et traquez le label Ecovero™

Le Lyocell est également une super alternative à la viscose conventionnelle. Le Lyocell, commercialisé sous le nom de TencelTM, est une matière souple, soyeuse et fluide comme la viscose mais avec un aspect moins brillant et un peu blanchi comme s’il avait été lavé. C’est également une fibre artificielle fabriquée à partir de cellulose de bois issu de forêts certifiées FSC (Forest Stewardship council)., mais contrairement à la viscose, sa fabrication est réalisée en circuit fermé à 99%. Tout comme la viscose Ecovero™, c’est une matière qui tend à se développer mais qui n’est pas encore si courante.

Le polyester, la pire matière du monde : le polyester est une matière dérivée du pétrole. C’est la fibre la plus utilisée dans l’industrie textile (environ 70% des matières textiles). Comme le polyester ne coûte pas cher à produire, il est très utilisé par les marques de fast-fashion. Il possède malgré tout des qualités : c’est une matière très solide, qui sèche vite et ne se froisse pas, il est aussi anti-UV… Malheureusement le polyester est la matière la plus polluante au monde. Sa production est très gourmande en eau et son processus de transformation et très toxique. Le pire est encore à venir : à chaque fois que vous lavez un vêtement en polyester dans votre machine à laver, celui-ci rejette des particules de micro-plastiques… qui finiront dans la mer et surtout dans les estomacs de nos animaux marins.

Et le polyester recyclé alors ? Aujourd’hui il est possible de recycler le polyester. Le polyester recyclé, également connu sous le nom de PET, est obtenu en fondant le plastique existant et en le re-filant en une nouvelle fibre de polyester. Mais ce n’est pas une solution miracle : même recyclé, le polyester libère des micro-particules de plastique au lavage. Deuxièmement, le processus de recyclage reste très énergivore et ne permet pas de recycler le polyester s’il est mélangé à d’autres matières naturelles ou synthétiques. Se pose également la question de la traçabilité :  si les vêtements en polyester recyclé sont fabriqués à partir d’emballages plastique usagés, il est difficile d’en connaître la provenance…

Le polyester recyclé est donc un moindre mal comparé au polyester classique, mais il reste à utiliser avec modération. S’en détourner le plus possible est aussi un moyen de ne pas encourager la production de polyester vierge ! Car après tout, si on peut recycler le polyester pourquoi devrait-on s’en priver ? C’est le raisonnement qui nous pend au nez si on ne fait pas l’effort de comprendre les enjeux environnementaux qui se jouent autour du polyester recyclé.

l’option seconde main 

Si vous rêvez d’une longue robe bohème, le mieux sera toujours de vous tourner vers les sites de seconde main comme Vinted ou Vestiaire Collective qui vous permettront de craquer en vous souciant le moins possible de votre impact environnemental, même si vous achetez une robe en viscose ou en polyester (personnellement je préfère quand même la viscose qui est plus respirante et agréable à porter). Côté marques, je vous conseille de chiner du côté de chez BA&SH, Léon & Harper, Tara Jarmon, Sessun, qui proposent des robes bohèmes magnifiques mais assez chères neuves et pas toujours fabriquées dans des matières durables.

Je porte ici une robe en polyester recyclé de la collection actuelle chez And Other Stories, que j’ai achetée après avoir cherché en vain une robe similaire en seconde main. Il faut dire que j’avais une exigence assez forte sur la coupe et l’imprimé… Mais je garde à l’esprit que l’option seconde main reste toujours la meilleure et que ce genre de craquage doit vraiment rester épisodique. Je me suis également promis de laver ma robe le moins souvent possible !

Mon look + ma sélection de robes éco-responsables

 

 

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  1. Oct 3, 2021 3:36

    Coucou !

    Je rêve d’une belle robe bohème fleurie !

    Il y a celle de mango que tu as déjà mise dans un lien précédent qui m’a l’air pas mal !
    Je pense me laisser tenter .. bon c est d’la viscose mais ça va me permettre de voir si je suis à l’aise avant de prendre une robe plus chère .
    La tienne est jolie mais robe léopard je ne suis pas sure d assumer même si je l’aime par petites touches ( sac, chaussures, foulard )

    • Oct 4, 2021 1:05

      @Cindy

      Merci Cindy, effectivement la robe léopard ne plaît pas forcément à tout le monde et les fleurs sont un peu plus « faciles » à porter 🙂

  2. Oct 4, 2021 10:10

    Merci pour cet article réaliste : il y a ce qu’il faut savoir et aussi ce qu’on cherche. Il n’est pas toujours évident de trouver les 2 sur toutes les pièces de son dressing mais acheter en étant conscient de tout ça est déjà beaucoup. J’ai le même problème : je couds quelques vêtement et fabrique les jouets de mes enfants mais dernièrement je me suis fait la réflexion que faire soi-même n’est pas moins polluant si on ne fait pas attention aux tissus ou fils que l’on achète. Casse tête. Mais on fait comme avec les pelotes (ou les bijoux) emmêlées… On se renseigne et on y va petit à petit 😉.

    • Oct 4, 2021 1:08

      @Sandra

      Et oui Sandra, on croit souvent, à tort, que le transport est ce qui pollue le plus. En réalité même si tu fais venir un vêtement du bout du monde, c’est surtout la matière dans laquelle il a été fabriqué qui importe le plus ! Je vois beaucoup de marques qui mettent en avant le made in France comme mode de consommation responsable, mais si les vêtements sont en polyester cela n’a pas vraiment de sens ! Et c’est effectivement la même chose pour les vêtements que l’on fabrique soi-même. Et surtout, c’est quand même plus agréable de porter des vêtements dans des matières naturelles et non polluantes… Pas seulement pour le bien-être de la planète mais aussi le sien !

  3. Nov 16, 2021 2:31

    Tu la porte super bien. Les couleurs te vont bien au teint. Et j’adore comment tu l’as associé , avec un perfecto et des baskets pour un style décontracté. Match parfait ! Quelques nouvelles proposition pour cet hiver ?

    à bientôt pour te lire

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