Le dressing idéal de Céline

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Bienvenue dans le dressing idéal de Céline !

C’est au tour de Céline de nous ouvrir les portes de sa garde-robe et de partager avec nous sa passion pour la mode et ses basiques préférés.

Céline est une fashionista qui possède un oeil particulièrement aiguisé sur la mode et les tendances car elle est également styliste. Elle imagine et dessine toutes les collections de lingerie et de maillots de bain pour les Galeries Lafayette depuis plus de dix ans. Quand je l’ai rencontrée il y a quelques années (Céline est mon amie et nous habitons dans la même rue) j’ai tout de suite adoré son style très joyeux et coloré, inspiré de ses origines hispaniques. Je vois Céline tous les jours ou presque et je connais bien le contenu de sa garde-robe. Ce que je trouve passionnant, c’est que ses basiques sont loin d’être ceux de tout le monde et surtout à des années lumières des basiques « classiques. » Le tee-shirt blanc ? Très peu pour elle ! Céline préfère les vêtements vivants qui ont une histoire à raconter !

Je lui ai donc demandé de me parler un peu d’elle et de son histoire avant de nous présenter ses basiques préférés. Vous verrez qu’il y a un lien très fort entre son style vestimentaire d’aujourd’hui et l’univers artistique dans lequel elle baigne depuis toute petite.

Qui es-tu Céline ? Comment es-tu devenue styliste ? 

« Quand j’étais petite, je voulais déjà être styliste ou meneuse de revue au Moulin Rouge. Le monde du spectacle et des paillettes me faisait rêver. J’ai grandi dans une famille d’artistes, mon grand-père était peintre sur la place du Tertre à Montmartre et mon père a fait les beaux-arts avant de devenir prof de dessin. Nous sommes des touche-à-tout depuis plusieurs générations ! Moi, j’ai toujours su dessiner mais comme je travaillais très bien à l’école, mes parents m’ont obligée à faire des études assez classiques, notamment une prépa et un DEA littéraire. J’ai donc commencé ma carrière comme attachée de presse dans une maison d’édition, puis j’ai intégré le service photo du magazine PERSO (ndlr : un magazine people qui n’existe plus). C’était marrant, j’ai rencontré plein de gens différents, des journalistes, des paparazzi… J’ai ensuite travaillé dans une agence de pub comme directrice artistique ou je gérais le budget de la marque Darjeeling. C’est là que j’ai vraiment pu développer mon goût pour la mode ! Ça me plaisait tellement que j’ai décidé de réaliser enfin mon rêve de gamine : devenir styliste. »

C’est comme ça que tu as commencé à dessiner de la lingerie ?

« Ça n’est pas arrivé tout de suite. Comme je me venais de me faire virer après mon congé maternité (sympa !) j’en ai profité pour retourner sur les bancs de l’école et apprendre le métier de styliste. J’ai fait une formation GRETA de la mode qui dépendait de l’école Duperré (ndlr : une école d’Arts Appliqués prestigieuse à Paris). Ensuite, j’ai fait mon premier stage de styliste aux Galeries Lafayette au rayon maille. Je dessinais des pulls, des manteaux, des parkas. Ça faisait rire tout le monde car je suis une latine et une grande amoureuse du soleil !

Quand on m’a proposé de passer à la corseterie, j’ai demandé à me former car c’est une discipline très technique. Il y a beaucoup de choses à maîtriser quand on devient styliste lingerie car cela touche à la morphologie des femmes, aux petits détails comme la finesse de la dentelle ou d’une armature. On dit qu’il faut au moins dix ans d’expérience pour être une bonne styliste corseterie. Je dessine également des modèles homme, ça m’amuse ! Je trouve l’inspiration dans mes voyages essentiellement. J’adore mon métier et je n’en changerais pour rien au monde ! »

C’est quoi ta journée type ?

« Aucune journée ne se ressemble et c’est ce que j’adore dans mon job. J’imagine, je dessine, je gère les essayages avec les mannequins cabine… Mais une grande partie de mon travail concerne le suivi de production et de la conformité des produits qui sont fabriqués dans les usines de confection. Les collections sont dessinées deux ans à l’avance donc ça va très vite !

Je fais du sport tous les midis, j’en ai besoin pour garder l’énergie nécessaire à mon rythme quotidien qui est assez speed. »

Quel est ton style vestimentaire ?

« Je dirais Rock’n Folk, d’inspiration hispanique. Mais comme je vis à Paris j’ai quand même un petit côté bobo assumé. Donc je dirais un mélange de chic parisien branché et de style latino. Et aussi un peu ringard car j’aime bien les vieilles fringues des années 70 ».

Quels sont les basiques de ta garde-robe ?

Fan des années 70, Les basiques de Céline sont essentiellement des pièces en denim ou en cuir. 

Le jean Penelope de The Seafarer

« Je m’habille de la même manière depuis le lycée !

Le basique qui me définit le mieux est le jean patte d’éph. Oui oui, je dis pattes d’eph’ à l’ancienne, c’est mon côté ringard assumé. Je ne porte que des jeans de cette coupe années 70 et tout particulièrement le modèle Penelope de la marque THE SEAFARER, qui est LE jean culte que portaient également Jane Birkin et Brigitte Bardot. J’aime l’histoire que raconte ce jean mythique, il m’évoque la période bénie des années 70 dans laquelle je suis née et tout ce que cela représente. Porter ce jean est un pour moi un état d’esprit un peu bohème !

Parmi les marque plus récentes, j’aime bien les jeans ROUJE de Jeanne Damas qui remettent au goût du jour le charme iconique des 70’s que j’aime tant.

Les chemises en jean Levi’s et Wrangler

« L’autre basique dont je ne pourrais me passer est la chemise en jean. J’en possède deux, une de chez Wrangler et l’autre de la marque Levi’s. D’ailleurs à ce propos, il faut prononcer « lewi’s » si on veut être authentique ! Pour moi, la vraie chemise en jean doit avoir un style un peu cowboy, avec des boutons en nacre, des poches à rabats… La même que celle que portait Marlon Brando ou Serge Gainsbourg quoi ! Pour moi c’est le seul modèle qui vaille ! Je n’aime pas détourner les codes ou les modèles cultes car s’ils traversent des générations, ce n’est pas pour rien, c’est parce qu’ils racontent une époque et une histoire qu’il faut apprendre à respecter. En fait je suis complètement ringarde, non ? ».

Le perfecto en cuir vintage

Mon perfecto est un indispensable pour moi, c’est mon basique préféré avec les jeans pattes d’éph ! (ndlr : elle me sort son perfecto, il est évidemment plein de clous, broderies et autres détails clinquants… du Céline quoi). Je l’ai acheté lors d’un séjour à Londres dans le quartier de Camden Lock. Il est beau, n’est-ce pas ?

Un autre vêtement culte que tu aimerais avoir dans ton dressing ?

« Un tailleur Yves Saint-Laurent. Je le porterai avec un tee-shirt rock et des sabots bien sûr ! »

Quels sont tes basiques côté chaussures ?

Je crois que Céline est la première et la seule femme que je connaisse capable de traverser tout Paris en sabots, été comme hiver… Elle a quand même tenu à m’apporter quelques précisions.

Les sabots en bois

« Je porte des sabots tous les jours (ou presque) depuis l’âge de 4 ans ! Je suis restée nostalgique de l’époque des livres de Sarak Kay ou les personnages portaient des sabots et des grands chapeaux romantiques à fleurs. J’ai tellement aimé cet univers que je ne l’ai jamais vraiment quitté. Je collectionne donc les paires de sabots. J’en ai en bois, en raphia, à paillettes… Je les porte même quand il fait froid (ndlr : je confirme). Quand il fait vraiment trop froid j’enfile des bottines à talons en cuir.

Les tongs Havaïnas

« Je voyage beaucoup dans les pays chauds pour mon travail et j’ai acheté une petite maison de vacances en bois en République Dominicaine. Les tongs sont donc un basique pour moi ! Mais attention, je n’achète que la marque Havaïnas. Ce sont les seules qui ne glissent pas quand il pleut… Un détail qui a son importance dans les pays tropicaux ! »

Les santiags

J’adore les santiags, je viens d’ailleurs de m’offrir une paire de Roseanna en daim Kaki. Elles sont magnifiques et j’ai hâte de les porter. Mais j’en ai d’autres paires que j’ai achetées ou chinées à droite à gauche. Ce sont des basiques pour moi !

Tu ne portes donc jamais de baskets comme tout le monde ?

« je n’aime pas les baskets, je ne trouve pas ça élégant. Pour moi ce ne sont pas des chaussures pour marcher mais pour faire du sport. Et surtout je trouve qu’on est mal dedans ! Alors que les sabots, c’est bon pour la circulation ! »

Quelle est ta tenue pour prendre l’avion ?

« Ça va te faire rire mais je m’habille toujours de la même façon quand  je prends l’avion : j’enfile des collants de contention, une longue robe bohème, un perfecto et une veste en jean que je superpose. Et bien sûr mes sabots. Comme ça je suis parée quelle que soit la destination finale ! Si je débarque dans un pays froid, je suis suffisamment couverte, et si j’atterris dans un pays chaud je n’ai qu’à enlever mes collants et retirer une veste… Pas mal mon astuce, hein ? »

As-tu une petite robe noire ?

« Non, ce n’est pas du tout mon style, c’est beaucoup trop triste pour moi la petite robe noire ! Ma petite robe noire a moi n’est pas une robe en fait. C’est ma combinaison en jean BA&SH que j’ai achetée il y a deux ans. Elle est hyper versatile, je l’adore ! Si je dois sortir le soir, je la porte avec des sabots chics et dorés, un top lingerie en dentelle en dessous, un make-up charbonneux et une bouche rouge. La totale quoi.

La journée, je porte ma combi en jean ouverte sur un tee-shirt en coton, des sabots en bois et un sac panier. »

Où achètes-tu tes tee-shirts blancs ?

« Je n’en ai qu’un seul que j’ai acheté chez BA&SH l’année dernière mais je ne le porte pas ! Un tee-shirt blanc c’est tellement ennuyeux… tu ne trouves pas ? » (ndlr : dois-je vraiment lui dire que j’ai déjà rédigé un comparatif pour trouver le tee-shirt blanc parfait sur ce blog ?^^)

Si tu ne devais choisir qu’un seul sac à mains ?

« Mon sac panier de pêcheur, très inspiré des années 70 évidemment ! C’est un ami qui me l’a offert et j’y tiens beaucoup. Je ne porte quasiment que celui là ! (ndlr : je réfléchis et m’aperçois que je n’ai effectivement jamais vu Céline avec un autre sac à mains…) »

Toi qui est styliste, peux-tu nous dire ce qu’il faut vérifier quand on achète un vêtement ? Et comment choisis-tu les tiens ?

Le rapport qualité-prix en premier lieu. Il faut vérifier la composition du vêtement indiquée sur l’étiquette mais aussi porter une attention particulière à l’assemblage et toutes les finitions qui font qu’une pièce est belle ou non : les coutures, le délavage du jean, les boutons… Je suis styliste donc je vois directement la valeur ajoutée d’un vêtement. Je crois que même les yeux fermés je pourrais reconnaître une belle pièce !

D’ailleurs, je n’essaie jamais les fringues avant de les acheter car j’ai trop la flemme. Je connais bien mon style donc si j’ai un coup de coeur sur une pièce qui me correspond, je me fiche qu’elle soit tendance ou pas et je l’achète. Malgré mon job de styliste, je ne suis pas très regardante sur la composition des vêtements que j’achète. Ce qui m’importe c’est surtout le rapport qualité prix. Si je trouve le prix abusé pour la qualité vendue, je passe mon chemin. Je n’achète pas beaucoup de vêtements de toute façon, je travaille toutes la journée aux Galeries Lafayette donc je fais un peu une overdose de fringues. J’achète plutôt au coup de coeur quand je voyage ou me déplace dans nos usines en Europe ou en Asie.

« Je ne m’habille pas pour être bien dans mes fringues mais pour raconter une histoire »

Ah, et un truc important que j’ai envie de te dire, c’est qu’un vêtement doit avant tout me faire rêver !  Je ne m’habille pas pour être bien dans mes fringues mais pour raconter une histoire. L’hiver est une plaie pour moi car je suis obligée de porter un manteau, ce qui à mon sens gâche complètement une tenue. Je crois que je préfère encore avoir froid !

Parlons un peu de mode éthique. Que penses-tu du concept de garde-robe capsule ?

« Euh, c’est quoi une garde-robe capsule ? » (je lui explique brièvement que c’est un ensemble de vêtements au nombre limité – souvent une trentaine de pièces – et choisis par saison pour s’accorder tous les uns avec les autres). Ah, mais c’est ce que font la plupart des gens non ? A moins d’être une fashion victime et d’acheter des fringues sans arrêt, ça ne me paraît pas très compliqué à mettre en place ! Ah, le marketing… »

Que penses-tu de cette nouvelle tendance de mode éthique et durable ?

« Je pense que c’est bien que les choses évoluent mais qu’il y a beaucoup d’erreurs dans les discours prononcés et pas mal d’incohérences. Par exemple, il ne faut pas confondre éthique et matière naturelle. Toutes les matières naturelles ne sont pas éthiques, elles le sont souvent moins que les matières synthétiques d’ailleurs, qui sont plus facilement recyclables. Ce que l’on ne dit pas, c’est que le coton est une matière naturellement écrue et qu’il faut la blanchir pour obtenir un tee-shirt en coton blanc. Cela nécessite des techniques de délavage pas toujours très éthiques !

Dans le principe, je suis évidemment pour une mode plus responsable mais ça reste compliqué à mettre en place. La main d’oeuvre coûte cher, on fait venir des vêtements du monde entier… Tout cela a forcément un impact économique et écologique. Il suffit de voir les milliers de containers remplis de vêtements qui attendent de voyager dans le port de Hong Kong pour comprendre que la planète est malade ! C’est choquant de voir des gens souffrir pour fabriquer nos vêtements. Humainement, c’est toujours une épreuve pour moi quand je vais rencontrer nos fabricants dans nos usines. Cela a beaucoup influé mon propre mode de consommation.

Comment imagines-tu la mode dans quelques années ?

Il faut rester optimiste ! Dans les usines en Asie, les ouvriers commencent à obtenir quelques acquis sociaux et de meilleures conditions de travail (jours de congés, horaires modifiés…). C’est la preuve que le monde change et prend conscience de l’urgence de la situation. La mode éthique devient plus grand public et tant mieux ! Mais les gens sont-ils réellement prêts à payer plus cher au nom de l’éthique et surtout acheter moins et avoir moins de vêtements ? Je n’en suis pas si sûre quand je vois ce qui est vendu chaque jour aux Galeries Lafayette !

S’il fallait désigner un responsable, ce serait pour moi la fast-fashion, Zara , H&M et consoeurs qui nous poussent à acheter sans arrêt. Mais ce sont surtout nos comportements qui doivent changer ! Avant, on n’achetait pas autant de vêtements qu’aujourd’hui, on avait un style que l’on gardait parfois à vie. La mode est aussi plus changeante qu’avant, ce qui fait qu’on est dans le désir en permanence. C’est un peu idiot car des études ont montré que « l’instant de compensation », à savoir le fait de se faire plaisir en achetant des nouvelles fringues, est estimé en moyenne à 15 minutes. C’est donc un plaisir très éphémère et ça fait donc cher pour seulement 15 minutes de bonheur !

J’aimerais que dans les mois et années à venir, on informe mieux et que l’on arrête de faire culpabiliser les gens qui vont chez H&M parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter ailleurs. Car ce que je constate, c’est que le discours éthique est parfois un peu agressif, on est dans le jugement plutôt que la pédagogie et c’est dommage ! Je ne suis pas pour le boycott complet des marques de fast-fashion, cela fait travailler des gens du monde entier qui ont besoin d’argent pour vivre !

Le mot de la fin ?

« Il faut essayer de trouver son style ! Cela permet de vivre en harmonie avec sa garde-robe, d’acheter moins et de pouvoir garder son argent pour autre chose… Voyager par exemple ! »

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  1. Nov 29, 2018 8:52

    Céline est très inspirante,elle a une vraie personnalité,son propre style qui lui va tellement bien,elle s’est trouvée et elle doit gagner un temps fou pour s’habiller le matin.
    Je trouve son regard sur la mode très sain.
    Merci pour ce joli portrait.

  2. Nov 29, 2018 11:21

    bonjour Vannina,

    Oui Céline est une femme très inspirante, elle a une excellente culture de la mode et elle sait la transmettre. Et son regard sur le contexte actuel est très juste !
    J’aime surtout sa façon d’aborder la vie, c’est une femme très positive avec une joie communicative.

  3. Nov 29, 2018 11:42

    C’est pétillant, vivant, j’adore!
    Tout en bienveillance aussi sur la mode d’aujourd’hui.
    Merci à vous deux pour ce superbe partage.

    • Nov 29, 2018 4:23

      @Marie Kléber

      Merci Marie ! Je suis contente que ça te plaise ! Merci pour elle !

  4. Nov 29, 2018 3:35

    J’aime beaucoup son état d’esprit, son regard sur la mode et la consommation, lucide mais bienveillant. Une bien jolie personne

  5. Nov 29, 2018 4:24

    C’est une très belle personne et je suis contente que cela transparaisse à travers l’écran 🙂 Merci !

  6. Nov 29, 2018 7:03

    Bravo Céline pour la bonne humeur, l’individualité et l’intelligence. C’est beau à voir les gens (les femmes en particulier, nous qui subissons tant de pressions pour nous conformer à tout un tas d’injonctions) qui sont totalement ce qu’ils sont, avec bienveillance et humour, et Céline a l’air d’en être. Et bravo Anne pour ce blog, lui aussi bienveillant et intelligent.

  7. Nov 30, 2018 12:46

    J’adore l’idée des portraits! Et c’est très intéressant de comparer les fondamentaux de chacun. Merci pour ce bel article

  8. Déc 4, 2018 1:06

    Petites questions à Céline :
    – quelles sont ses marques préférés en sabot bois?
    – j’ai une paire de Toffeln que j’adore au niveau confort, même si ils sont un peu larges car j’ai les pieds fins…Une autre marque à me proposer dans mon cas perso ?

    • Déc 10, 2018 4:49

      @Murielle

      Bonjour Murielle, je me rends compte que je n’avais pas répondu à votre commentaire !

      La marque préférée de Céline pour les sabots est Isabel Marant (malheureusement ça fait un moment que la marque n’en fait plus). Elle adore également la marque Swedish Hasbeen !

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